La définition du taçawwuf, par Ibn Ajiba

Ce qui suit est un extrait de l’introduction des commentaires des Hikam de Ibn AtaiLlah écrient par Ibn Ajiba, grand savant et mystique marocain de la voie Shadhiliya. Tous les droits sont réservés. Interdiction d’utiliser ce matériel sans autorisation. Traduit par Abdelmalik Sinet.

La définition du taçawwuf:

Jounayd a dit [a propos du taçawwuf] : « C’est que Dieu (al Haqq) te fasse mourir [pour] que tu renaisses en Lui ».  Il dit aussi : « C’est d’être avec Dieu sans [aucun autre] attachement ».  Il est dit : « Sa  pénétration (le taçawwuf) dans chaque créature est une élévation, et sa sortie, une infamie ».  Il fut pareillement dit : « Ce sont les qualités honorables qui apparurent à une époque honorable (l’époque du Prophète), dans un peuple honorable (les compagnons) ».   On dit aussi que c’est que tu ne possèdes rien et que rien ne te possède ; où encore que c’est abandonner son être à la volonté de Dieu.    Il est dit que le taçawwuf est bâti sur trois mérites :

1/ L’attachement persistent au dénuement et au besoin de Dieu.

2/  L’apprentissage de la certitude par la substitution (de ce bas monde pour l’autre) et donner la préférence [aux autres avant soi-même].

3/ Le délaissement de la planification et de la préférence.

Le taçawwuf est également décrit comme l’accaparement des réalités [divines] et le délaissement total de ce qui est entre les mains des hommes.  Il est encore expliquer que c’est le rappel de Dieu, tout en étant uni [avec Lui] ; de l’extasie, tout en étant à l’écoute, et des actions, en suivant [le prophète].  On dit pareillement que c’est s’agenouiller à la porte du bien-aimé (Dieu), quand bien même on en serait banni.  Le taçawwuf est identiquement décrit comme [faire partie de] l’élite de la proximité (Dieu,) après la contrariété de l’éloignement.  Où encore, c’est être en présence de Dieu sans aucune  préoccupation, où d’être préservé de voir la création (pour des fins matérielles).

Les signes d’un soufi sincères sont : devenir pauvre après avoir été riche (renoncer a la richesse), humble après avoir été glorieux, et anonyme après avoir été célèbre.

Et les signes du soufi perfide sont : devenir riche après avoir été pauvre, glorieux après avoir été humble, et de rechercher la celebrite après avoir été inconnu.  C’est ainsi que l’avait dit Abu Hamza al-Bagdadi.

Hassan ibn Mançour dit: « Le soufi est un être seul.  Personne ne l’accepte, et il n’accepte personne ».  « Le soufi est, dit-on encore, comme la terre sur laquelle on jette toutes choses ignobles, et de laquelle il n’en ressort que des belles choses »,[alors que] le vertueux et la crapule le piétinent.  Les savants disent : « Parmi le plus ignoble des gens ignobles, il y a le soufi avare ».  Chibly a dit: « Le soufi est déconnecté de la création, attaché à Dieu», qui dit dans le Coran : « Et je t’ai choisi pour moi-même. »

Chibly a aussi dit : « Les soufis sont des enfants assis sur les genoux du Créateur ».  Le soufi, dit-on, n’est pas restreint, ni par la terre, ni par le ciel, ce qui signifie que l’univers ne le limite pas.  Cheikh Zarruq – que Dieu soit satisfait de lui – dit : « Le taçawwuf a été défini, interprété ; et expliqué de près de deux milles façons [différentes] », qui impliquent toutes de se tourner vers Dieu dans la sincérité. Toutes ces définitions sont en fait des facettes du soufisme, et Dieu sait mieux ».  [Sidi Ahmed] Zarruq poursuit : « Les différences d’opinions, à propos d’une seule et même réalité [le taçawwuf, et indirectement Dieu], aussi nombreuses soient-elles, reflètent la profondeur de compréhension de ceux qui la possèdent.  Aussi, si tout revient à une seule et même source [Dieu] qui comprend l’ensemble de ce qui a été dit, chaque proposition est en fonction de ce que l’on en a compris.  L’ensemble des [différences sur la] définition (du taçawwuf) repose sur ses détails, et le point de vue de chacun d’entre eux est en fonction de chacun [des savants qui l’ont définis], en fonction de sa connaissance, de ses actions, de sa condition [métaphysique], de son expérience spirituelle (dhawq), etc.  La différence d’opinion sur [la définition du] taçawwuf provient de [tout] cela, et c’est pour cette raison que Hafid Abou Na’im – que Dieu lui fasse miséricorde – en a réuni la plupart dans Huliyat al-Awliya, […], finissant par dire : « Ainsi est le taçawwuf.  Chaque personne qui a une part de sincérité de bienveillance (sidqu al-tawajjuh) vers Dieu, à une part de taçawwuf, qui est sidqu al-tawajjuh vers Dieu ; alors comprend ça ! »

Il dit aussi : « Règle générale : sidqu al-tawajjuh envers Dieu est conditionnel en sa qualité d’être le moyen par laquelle Dieu est satisfait [de nos actions].  Et une chose conditionnelle n’est pas valide sans son accomplissement.

Dieu dit : «Et Il (Dieu) n’est pas satisfait, pour ses esclaves, de la mécréance », il faut donc une authentification de l’Imane (la foi), « Et si vous êtes reconnaissant, Il en sera satisfait ».

Il est donc obligatoire d’œuvrer selon [les préceptes de] l’islam ; ainsi, il n’y a pas de taçawwuf sans fiqh (jurisprudence), car les injonctions extérieures d’Allah ne sont connus que par elle (le fiqh); et il n’y a pas de fiqh sans taçawwuf, étant donne qu’il n’y a pas d’œuvre sans sidqu al-tawajjuh envers Allah, et ces deux la [le fiqh et le taçawwuf] n’ont pas lieu d’être sans imane.  Etant donne que [la pratique de] l’une de ces deux choses n’est pas valable sans l’autre, l’ensemble est obligatoire.  Ces deux [sciences] dépendent étroitement l’une de l’autre dans leur précepte, tel l’étroite dépendance entre les esprits et les corps, étant donné que les uns n’existent pas sans les autres, et que la perfection des esprits ne peut être que par les corps.  Et de cela [découle] la déclaration de Malik – que Dieu lui fasse miséricorde – : « Celui qui pratique le taçawwuf sans pratiquer le fiqh devient hérétique; et celui qui pratique le fiqh sans pratiquer le taçawwuf devient impudent; et celui qui réunit les deux [dans sa pratique de l’islam] est effectif. »

Je [, Ibn ‘Ajibah,] dis : [nous avons], en premier, « devient hérétique», car celui-la est énonciateur d’une cœrcition obligatoire tout en niant la sagesse et les injonctions [qu’imposent la chari’a].  Et en deuxième, [nous avons] « devient impudent », a cause de son absence de connaissance du sidqu al-tawajjuh, qui empêche la désobéissance de Dieu, s’il y a une absence d’Ikhlass (adoration exclusive de Dieu), conditionnel pour la validité des actions.  Et en troisième, [nous avons] « est effectif », car il se tient droit dans la réalité, en s’accrochant fermement à Dieu, dès lors, sache cela, que le taçawwuf n’existe que avec le fiqh, autant qu’il [le taçawwuf] n’est parfait que par son biais [le fiqh].  Alors comprend ça !

Quand à son contenu, il est en fait l’Essence Sublime [Dieu], car l’on recherche à son propos la déférence de Sa connaissance, soit par la preuve, soit par l’attestation et l’expérientielle.  La première (la preuve) est pour les élèves, et la deuxième (l’attestation et l’expérientielle) pour ceux qui ont déjà atteint leur but (alwaçiline) ; il est également dit : son contenu est [traite] des âmes, des cœurs, et des esprits, car le taçawwuf recherche leur purification (safiyah) et leur éducation (tahdhib).  Le taçawwuf est proche de la première signification (safiyah), car celui qui se connaît lui-même connaît son Seigneur.

Quant à celui qui a établi cette science, c’est le Prophète, paix et bénédictions sur lui,  qui lui a été enseigne par Dieu par la révélation et les inspirations.  Jibril, sur lui la paix, descendit premièrement la chari’ah, et, lorsqu’elle fut établie, il descendit en deuxième la haqiqah (réalité divine) qu’il légua a certains d’entre eux (les compagnons).

Le premier qui en parla et la divulgua fut notre maître ‘Ali, que Dieu ennoblisse son visage, puis Hassan al-Basri l’a prit de lui.  Sa mère s’appelait Khayrah, la cliente (maulah) de Oum Salamah, la femme du prophète, paix et bénédictions sur lui, et son père était le maula Zaid ibn Thabit.  Hassan [al-Basri] mourut en l’an 110.  Habib al-‘Ajami prit [la science du taçawwuf] de Hassan.  Abou Sulayman Dawoud at-Ta’i (160 Hégire) la prit de Habib.  Abou Mahfouz Ma’rouf ibn Firouz al-Karkhi, que Dieu soit satisfait de lui.  Abou Hassan Siriy ibn Mughliss al-Saqti – qui mourut en l’an 151 de l’hégire – la prit de Ma’rouf al-Karkhi.  Et celui qui la prit de Siriy [n’est autre que] l’imam de cette tarîqa, l’exposant et plus grand connaisseur de la haqiqah, Abou al-Qassim Mohammad ibn Junayd al-Khazzaz, originaire de Nahawand, et qui grandit en Iraq.  Il apprit le fiqh avec Abou Thawr, et tint la compagnie de [l’imam] Shafi’i. Il donnait des fatwas selon le madh-hab de Abou Thawr.  Il tint ensuite la compagnie de son oncle maternelle al-Siriy et de Abou al-Harith al-Muhaçibi et d’autres encore.  Ses paroles et ses gestes ont été inscrits dans les livres.  Il mourut – que Dieu soit satisfait de lui – en l’an 297 de l’hégire.  Sa tombe à Bagdad est célèbre et visitée.  Apres [lui], le taçawwuf se répandit grâce a ses compagnons et ainsi de suite ; et cette [transmission] ne s’arrêtera pas jusqu’ace que s’arrête le din (la religion).

D’une autre narration, [cette science] fut prise par notre maître ‘Ali – que Dieu soit satisfait de lui.  Le premier Qutb (pole) est son fils, notre maître Hasan, puis [après lui] Abou Mohammad Jabir, puis le Qutb Sa’id al-Ghazouani,puis le Qutb Fath al-Sa’oud, puis le Qutb Sa’ad, puis le Qutb Sa’id, puis le Qutb sidi Ahmed Marouani, puis Ibrahim al-Baçri, puis Zin ud-Din al-Qazwini, puis le Qutb Shams ud-Din, puis le Qutb Taj ud-Din, puis le Qutb Nour ud-Din Abou Haçan, puis le Qutb Fakhr ud-Din, puis le Qutb Tuqay ud-din al-Fuqaiyr, puis le Qutb sidi Abd al-Rahman al-Madani, puis le grand Qutb Moulay Abd al-Salam ibn Mashish, puis le célèbre Qutb, Abou Hasan Shadhili, puis son khalife Abou al-‘Abbas al-Murçi, puis le grand ‘arif sidi Ahmed ibn Ata Illah, puis le grand ‘arif sidi Dawoud Bakhili, puis le ‘Arif Mohammad Bahr ul-Safa, puis son fils le ‘arif sidi ‘Ali ibn Wafa, puis le célèbre wali sidi Yahya al-Qadiri, puis le célèbre wali sidi Ahmed ibn ‘Aqabah al-Hadrami, puis le grand wali sidi Ahmed Zarruq, puis Sidi Ibrahim Afham, puis sidi ‘Ali Sanhaji connu sous le nom de Dawwar, puis le ‘arif sidi ibn ‘Abd al-Rahman Majdhoub, puis le célèbre wali Yousef al-Façi, puis le’arif sidi ‘Abd al-Rahman al-Façi, puis le ‘arif sidi Mohammad ibn ‘Abd Allah, puis le ‘arif sidi Qaçim al-Khoussassi, puis le ‘arif sidi Ahmed ibn ‘Abd Allah, puis le ‘arif sidi al-‘Arabi ibn ‘Abd Allah, puis le grand ‘arif sidi ‘Ali ibn ‘Abd al-Rahman al-‘Umrani al-Haçani, puis le célèbre ‘arif le cheikh des cheikhs sidi Moulay al-‘Arabi Darqawi al-Hassani, puis le parfait instructeur et rapproche [de Dieu], notre cheikh sidi Mohammad ibn Ahmed al-Bouzidi al-Hassani, puis l’esclave de son seigneur et le plus petit de ses esclaves Ahmed ibn Mohammad ibn ‘Ajibah al-Hassani, puis beaucoup d’hommes ont prit de lui, grâce a Dieu le très haut.

Quant a son nom : c’est la science du taçawwuf.

Les avis sont nombreux quant a son étymologie, tous axes autour de cinq [dérivations] : la première, al-Soufah (la laine), car [le soufi] est avec Dieu comme de la laine prostrée, sans aucun arrangement.  La deuxième est qu’il proviendrait des cheveux de la nuque a cause sa nature souple ; le soufi serait alors facile et souple comme ceux-ci.  Le troisième, al-sifah (attribut, caractéristique), car cette science se caractérise dans son ensemble par les actes louables et l’abandon des actes blâmables.  La quatrième étymologie possible serait qu’il proviendrait u mot al-safa’ (pureté, serenite, lucidité), et cette interprétation se confirme, a tel point que Abou al-Fath al-Bassi – que Dieu lui fasse miséricorde – dit a propos du soufi :

Les gens ont divergé du tout au tout sur le soufi et ils divergent

                             Dans l’ignorance, et ils pensent qu’il est dérive de « souf [1]»

Et je n’octroie ce nom qu’à un jeune homme,

                            Qui cherche a se purifier, jusqu’à qu’il devienne un soufi.

                           —————————

La cinquième proviendrait de al-Saffah de la mosquée du prophète, paix et bénédiction sur lui, qui était l’habitation pour les gens du banc (ahl al-saffah), car le soufi est comme eux dans ce qui a été établi a leur sujet par Dieu quand il dit :

« Et patiente avec ceux qui invoquent leur Seigneur le matin et le soir, voulant Sa face ».

Ceci est l’origine a laquelle revient chaque interprétation : c’est ce que dit Zarruq – que Dieu lui fasse miséricorde.

Quand a sa source d’inspiration,

Elle est inspirée du Coran et de la sounna et des inspirations des gens vertueux et des conquêtes spirituelles de ceux qui connaissent Dieu (al-‘arifin).  Il y’a été également intègre des choses de la science de la jurisprudence (fiqh) par sa nécessite a la science du taçawwuf.  Al-Ghazali a écrit a ce propos dans Ihiyah (« Revivification des sciences de la religion ») dans 4 chapitres : chapitre des adorations, chapitre des coutumes, livre des éléments destructeurs, et le livre des éléments salvateurs.  Tous ces éléments traitent de la perfection [du taçawwuf], non conditionnels, sauf ce qui est indispensable dans le livre des adorations, et Dieu sait mieux.

Quand au verdict de la shariyah a son sujet,

Al-Ghazali a dit : [la pratique du  taçawwuf] est fard ‘ain (obligation individuelle), car personne est dénude de défauts ou de maladies [du cœur], mis a part  les prophètes, que la paix soit sur eux.  Al-Shadhili a [également] dit : « Qui ne s’ancre pas dans notre science (al-taçawwuf)  meurt résolu dans les kaba’ir (énormités) tout en ne le sentant même pas. »  Si [le taçawwuf] serait  fard ‘ain, il serait alors obligatoire de voyager vers celui de qui on pourrait le prendre, [surtout] si [cette personne] est connu pour [faire une bonne] éducation spirituelle, et ses remèdes [contre des maladies du cœur] célèbres.  Et cela quand bien même il faudrait désobéir a ses [propres] parents.  Plus d’un [savant] est allé dans ce sens, tel al-Balali et al-Sanuçi, et d’autres encore.  Cheikh al-Sanuçi a dit : « Si l’ego commence a dominer tel un ennemi qui assaille, déployer tous ses efforts et demander de l’aide contre lui est indispensable, quand bien même s’il faut désobéir a ses propres parents, tout comme lorsque l’ennemi apparaît. »  (Cite dans le commentaire d’al-Jaziri).  Et quel énonce formidable quand l’un dit :

Je risquerais jusque mon esprit port l’amour que j’ai pour vous ;

                                       Et je m’embarquerais sur votre mer ici et la.

Je m’engagerais dans des sentiers tortueux pour votre amour ;

                                      Et je boirais de votre coupe, même si c’était du poison.

Je n’écouterais d’aucune attention ceux qui m’empechent ;

                                      Mon oreille est sourde des critiques.

Je braverais tous les dangers pour votre amour ;

                                     Et laisserais, pour votre satisfaction, père et mère.

Quant à la présentation de ses thèmes :

C’est la connaissance de la reforme [de l’être] ; et les mots qui reviennent sans cesse parmi l’élite (al-qawm), sont : al-ikhlas (la pureté), al-sidq (la sincérité) et al-tawakkoul (la confiance en Dieu), al-zouhoud (l’abstinence), al-wara’a (la piété), al-rida (la satisfaction) et al-taslim (la résignation au décret de Dieu), al-mahabbah (l’amour), al-fana’ (l’extinction de l’être en Dieu), al-baqa’ (la pérennité de Dieu), comme l’essence (de Dieu), Ses attributs, Son pouvoir, Sa sagesse, la spiritualité, le genre humain.  Et aussi comme la connaissance de la réalité d’un hal (état spirituelle), al-warid (une lumière émanent de Dieu jeté dans le cœur de certains de ses esclaves), et al-maqam (station spirituelle dans laquelle est une personne), etc.  Al-Quchayri en a mentionne au début de sa rissala un nombre suffisant.  J’ai aussi écrit un livre dans lequel 100 réalités du taçawwuf sont mentionnées.  Je l’ai appelée Mir’aj al-tachawwuf ila haqaiq al-taçawwuf (L’ascension des expectations vers les réalités du taçawwuf), et que celui qui veut comprendre les paroles de l’élite (qawm) le lisent.

Puis je dis : la réalisation dans les questions a propos de cette science est une série de litiges que le salik (celui qui prend un chemin spirituel vers Dieu) cherche a résoudre tout au long de son voyage spirituel pour qu’il œuvre dans leurs profondeurs, comme le fait que l’ikhlas soit une condition pour les œuvres, ou encore le fait que le zuhud soit un pilier dans le tariq (voie spirituelle), ou que l’isolement et le silence soient sollicites.  Les exemples [ci-dessus] de ces questions sont les litiges de cette science, lest donc désirable de les comprendre avant de se plonger dans cette connaissance et œuvrer, et Dieu sait mieux.

Quant a son excellence,

Il a déjà été développe que son contenu [traite de] Son Essence sans prix, et c’est expressément le meilleur [contenu].  Ainsi, la science qui s’y rattache sera expressément la meilleure [des sciences], car elle guide, à son début, vers la crainte de  Dieu, puis, en son milieu, vers l’attitude [correcte] à Son égard, puis, a sa fin, vers Sa connaissance et comment se consacrer a lui.  Ainsi Junayd a dit : « Si nous savions qu’il existe  sous les cieux une chose plus noble que cette science-la dont nous parlons avec nos compagnons, nous irions vers elle. »

Le cheikh al-Saqali –que Dieu soit satisfait de lui – a dit dans son livre intitule Anwar al-qouloub fi al-‘ilm al-mawhoub (« Les Illuminations des Cœurs dans la Science [divinement] Pourvu : « Quiconque qui atteste la véracité de cette science fait partie de l’élite ; et quiconque la comprend fait partie de l’élite de l’élite.  Ainsi, quiconque l’explique [aux autres] et en parle est comme l’étoile qui ne peut pas être atteinte, ou la mer qui ne peut être asséché ».

Un autre [savant] a dit : « Si tu vois quelqu’un dont le cœur s’ouvre a cette tariqah (voie spirituelle), alors annonce lui la bonne nouvelle ; et quelqu’un dont le cœur s’ouvre a la compréhension de celle-ci, félicite-le ; et quelqu’un dont le cœur s’ouvre pour en discourir, admire-le.  Mais si tu vois quelqu’un la critiquer, fuit le comme si  tu fuyais un lion, et éloigne-toi de lui.  Tu peux te passer de toutes les sciences à un moment ou un autre, sauf la science du taçawwuf : personne ne pourrait s’en passer a aucun moment. »

Quant a sa relation avec les autres sciences :

Elle les englobe toutes, et est une condition pour les autres, car il n’y a pas de connaissances ni d’actes, sinon avec la sincérité de se tourner vers Dieu Tout-Puissant.  Al-Ikhlass (la pureté d’adoration a Dieu seulement) est conditionnel pour l’ensemble [de ces choses], ceci du point de vue de la validité de la chari’yah, de la rétribution et de la récompense.  Quant au point de vue de l’existence extérieure, les sciences se trouvent à l’extérieur, sans le taçawwuf, mais elles seront amoindries et sans valeur.  C’est dans cet esprit que l’imam al-Suyuti a dit :

« La relation entre le taçawwuf et les autres sciences est comme la relation entre la retorique et la grammaire, c’est-à-dire qu’elle la complète et l’embellit.  Cheikh Zarruq – que Dieu lui fasse miséricorde – a dit : «La relation du  taçawwuf avec la religion est comme la relation de l’âme avec le corps, car il est la station de l’ihsan que le prophète – paix et bénédictions sur lui – a explique a Jibril : « D’adorer Dieu comme si tu le voyais […] », car il n’y a pas de sens [au taçawwuf] sinon celui-la (alihsan), car sa trajectoire va de la mouraqabah (être conscient d’être observer par Dieu) a la mouchahadah (voir le créateur dans toute chose crée), ou  de la mouchahadah a la mouraqabah, sans quoi [le taçawwuf] n’existerai pas, et il ne serait pas manifeste. »  Peut-être voulait-il dire par la mouraqabah après la mouchahadah : qu’il retourne dans la permanence avec la vision d’un signe de Dieu.

Quant a ses fruits,

C‘est l’éducation des cœurs, et la connaissance de Dieu, l’omniscient de l’invisible.  Tu peux aussi dire : ses fruits, c’est la generosite des âmes, la sécurité des poitrines (cœurs), et la meilleure des dispositions envers toute les créatures.

Sache que cette science que nous avons mentionne ici n’est pas des paroles en l’air, mais plutôt c’est une science expérimentale et de conscience, qui ne s’étudie pas dans les livres, mais plutôt par les gens qui la vivent expérimentalement.  Elle ne s’obtient pas non plus par des on-dit, mais plutôt en servant les hommes et en observant la compagnie des gens de la perfection.  Par Dieu, est heureux celui qui est heureux, seulement en tenant la compagnie de ceux qui sont heureux, et de Dieu vient le succès.


[1] Signifie laine en arabe.

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